> La « viande in vitro » est un amas de cellules musculaires qui se multiplient dans un milieu de culture riche. On est loin d’un vrai muscle, qui mêle des fibres organisées, des vaisseaux sanguins, des nerfs, du tissu conjonctif et des cellules adipeuses. Or, c’est cette complexité qui confère à la viande ses propriétés nutritionnelles, en particulier la présence de fer héminique facilement assimilable, de vitamine B12, de divers acides gras et de micronutriments.

inrae.fr/actualites/viande-vit

> Pour l’instant, la viande in vitro ne reproduit pas ces qualités nutritionnelles et sensorielles : elle est pauvre en myoglobine, donc en fer, et doit être assaisonnée avec de nombreux ingrédients pour se rapprocher du goût de la viande. Certaines recherches visent à modifier génétiquement les cellules de départ pour stimuler la synthèse de myoglobine ou la production d’enzymes intéressantes, par exemple anti-oxydantes. D’autres consistent à ajouter artificiellement des micronutriments.

> Le défi majeur sera le changement d’échelle, qui impliquerait la mise en place d’une industrie parallèle pour synthétiser en grandes quantités tous les facteurs hormonaux nécessaires. En Europe, cela impliquerait aussi d’obtenir l’autorisation réglementaire pour utiliser ces hormones dans des cultures de cellules destinées à la consommation, alors que la législation a interdit depuis 1996 l’utilisation d’hormones en élevage conventionnel.

> En Europe, la mise sur le marché de ce produit sera encadrée par la législation « Novelfood », car la viande in vitro est considérée comme un nouvel aliment, dont il faudra prouver l’innocuité, y compris pour le matériel utilisé (plastiques, etc.) et le milieu de culture. Depuis le premier steak in vitro apparu en 2013, le prix a baissé, mais il reste toutefois très élevé (46 euros environ pour une lamelle de 5 mm d’épaisseur).

> Les avantages indiscutables de la viande in vitro seraient de libérer des terres cultivables et de diminuer le nombre d’animaux d’élevage abattus.

Remarque : C'est ne pas prendre en compte l'intérêt écologique des animaux dans les modes de culture biologiques et durables...

> Sur le plan environnemental, il est difficile d’évaluer l’impact global de ce procédé, encore expérimental et à petite échelle. Seules les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d’énergie ont fait l’objet d’études scientifiques détaillées. La production de viande in vitro consomme plus d’énergie que la production de volailles ou de porcs, essentiellement pour la fabrication des milieux de culture et pour le chauffage des incubateurs.

(Mais ces GES ne sont pas du méthane.)

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> Une étude indique que l’appropriation par les consommateurs dépend de la couverture médiatique et du degré de confiance dans la science, la politique et plus généralement dans la société. L’acceptation de la viande in vitro est susceptible de s’accroitre au fur et à mesure que les consommateurs seront devenus familiers avec ce concept et qu’ils seront plus rassurés. Et ce d’autant plus si le produit est autorisé, accessible et disponible. L’emploi du mot "viande" est considéré comme un atout.

> Considérant l'augmentation de la demande en produits animaux, quelles sont les solutions pour nourrir le monde ?

-en finir avec le gaspillage,
-réduire les produits d'origine animale et renforcer les protéines végétales (mais attention au steaks de soja trop transformés et sans fibres),
-manger d'autres protéines animales (insectes, reptiles),
-adopter un élevage de qualité,
-rendre la production industrielle plus efficace.

Voici celles qu'à InPact pour préférons :

> Une première solution consiste à réduire fortement les pertes et gaspillages alimentaires. Une 2e solution serait de manger un peu moins en quantité et d’augmenter la part des protéines végétales dans nos menus. On doit aussi promouvoir les formes d’élevage à haute valeur environnementale, basées sur une forte autonomie alimentaire ou fourragère, ayant ainsi moins recours aux importations et aux cultures en concurrence avec l’alimentation humaine.

@inpact

> Une première solution consiste à réduire fortement les pertes et gaspillages alimentaires qui représentent environ un tiers des aliments produits, ce qui est encouragé aujourd’hui par les politiques publiques, au moins en France.

Moui, je ne suis pas sûre que la défiscalisation des invendus, mesure-phare anti-gaspi, encourage à ne pas surproduire en permettant d'avoir toujours de tout en magasin... à nos frais.

bastamag.net/Les-derives-de-l-

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